Hector et Célestine

20 mars 2015

Corsetée !

Réaliser un rêve, c'est magique. 

Et pourtant, chacun le sait comme c'est difficile à raconter les rêves. 

Ce n'est jamais pareil que dans le sommeil. 

Et pourtant, celui-ci je l'ai vécu toute éveillée... Un vrai conte de fée en plein milieu de ma vie. 

Je n'ai jamais bien réfléchi à comment ce serait quand je me marierai quand j'étais petite. A vrai dire, jusqu'à 25 ans, je faisais carrément mon " anti" dès que j'entendais parler de mariage. Je trainais les pieds pour chercher les tenues à porter lors de ces occasions lorsque j'étais ado, les mariages auxquels j'ai assisté ne m'ont pas spécialement mis des étoiles dans les yeux, et l'idée de l'engagement me donnait envie de fuir en courant à l'autre bout de la planète. 

Et puis à 25 ans, j'ai arrêté ma crise d'ado au moins concernant le mariage, je suis devenue maman aussi et par la même j'ai appronfondi ma pratique de la couture. 

Pendant des années j'ai cousu des sacs, des trousses puis des vêtements pour bébés. Et puis j'en ai eu marre, ou plutôt j'ai eu envie de progresser. J'ai commencé à me coudre mes vêtements à la suite de mon passage à la Droguerie. J'en tirais beaucoup de satisfaction, et surtout cela m'a permis de porter ce que je veux, à la bonne taille du premier coup, et de façon original ou du moins pas porté par " tout le monde" . Au fur et à mesure des 3 années qui viennent de passer, la mode fut très ouverte " au vintage" et aux patrons indépendants puisant l'inspiration dans le rétro. Tout pour me contenter en bonne adoration que je porte aux romans et autres films corsetés. En bonne adoration aussi que je porte aux chandails, robes et chemisiers sortis tout droit d'un livre de Régine Desforges. Les motifs à fleurs, les coupes près du corps, les coiffures, la féminité de ces années là m'ont toujours fascinée et me fascinent toujours autant d'ailleurs. 

C'est lors d'une petite virée annuelle à Paris que j'ai commencé à me lancer sur " LE" chemin. 

Suite aux recommandations d'une copine, j'ai décidé d'aller voir l'Expo " La mécanique des dessous". J'en suis ressortie enrichie et subjuguée. Je ne connaissais pas l'histoire du sous vêtement et je n'imaginais pas l'influence que cela pouvait ou peut avoir sur la silhouette. Couplé à mon coté nunucho-romantique j'ai commencé à mesurer le potentiel hautement technique de l'objet corset. 

Monter des manches, faire des fronces, décalquer un patron, c'est bien, mais j'avais envie de passer à autre chose, et cet autre chose il s'appellait CORSET. 

J'ai commencé alors à suivre le travail de Claire, puis à pinterester des tableaux autour du corset. 

En septembre dernier, un mois avant de décider de nous marier, j'ai sauté sur l'occasion de participer à un atelier toujours autour du corset. 

Je ne savais pas bien quelle serait la première occasion de m'en coudre un, mais une chose était certaine, j'allais m'en coudre un. 

Oui ça parait vraiment nunucho romantique mais quand finalement j'ai répondu " Quand? " à mon fiancé parfait du canapé lorsqu'il m'a demandé " Chérie, on se marie ! " " l'autre chose" est venu peupler non seulement mes nuits , mes rêves mais aussi mes projets. Me marier en corset ? Tu parles d'un rêve ! Est ce qu'il allait prendre corps et réalité? 

J'ai envoyé un mail à Claire et l'aventure a commencé pour de vrai. 

Lors du " premier rendez-vous" dans l'atelier de Claire, j'étais à la fois super excitée, impatiente et hyper intimidée. Claire a été, comme tout au long de l'accompagnement d'un soutien et d'une générosité exemplaires. 

Autour de mes croquis, nous avons alors choisi la " forme" du corset et  les étoffes de la " robe". 

 

croquis

 

 

Croquis réalisés sur le carnet du fond du sac tricot...

Pour le corset nous avons choisi, suite à l'atelier,à ma morphologie et mes envies un corset de forme "edwardienne". C'est une forme couvrant la poitrine et dont les hanches sont soulignées par des " goussets". Pour le tissu ce serait une soie sauvage ivoire, un tissu précieux mais brut à la fois dont ce dernier coté me faisait penser à L'Homme. 

A ce stade nous en sommes restés là concernant les étoffes et la forme que nous avions mis en parrallèle avec notre histoire, mes envies : des matières fluides , vaporeuses, l'hiver, la neige, les paillettes de la reine des neiges... 

La plus grosse étape de la réalisation était ce qui allait suivre :  le patronnage, la mise à mes mesures et la réalisation de toiles. 

J'avoue qu'à part pour m'amuser lors d'un sew-along, je n'avais jamais fait de toile et je trouvais cela alors saugrenue. J'avais une petite idée de la mise à mesure du patron, mais je ne pensais pas que dans la corseterie cela fut aussi technique. Je n'y serai bien sûr jamais arrivée seule. Et Claire a beaucoup travaillé pour m'aider et le rendre mien. J'ai appris lors de cette étape à me servir d'un perroquet ! J'en avais jamais touché un en vrai ! C'est fou, maintenant je ne peux plus m'en passer, et je me demande bien comment j'ai fait pendant tout ce temps pour traçer mes patrons à main levée. 

1508989_10205209293822153_6426367345484076439_n

 

 

Patronnage et mise aux mesures avec Claire Brandin avec l'objet de tous les fantasmes ! 

Ensuite, j'ai réalisé ma première toile. Moi qui maitrise plutot bien la couture, je me suis prise une " belle claque". Je ne me rendais absolument pas compte du travail que cela allait me demander et de la technique. Heureusement d'ailleurs que je n'avais pas ce sens de la mesure, sinon je pense que j'aurais eu vraiment peur et que jamais je ne me serais lancée. J'en ai bavé pour ces deux toiles, surtout pour la première. J'ai dû recommencer dix fois le montage du gousset tout ça pour arriver à premier résultat disons... pas terrible. 

IMG_1823

 

Décalquage ! IMG_1825

Découpage ! IMG_1827

Traçage des marges de couture 

IMG_1829

 

Réalisation de la première toile

J'ai ensuite compris que j'avais oublié de marquer un repère. Ces fameux petits traits dont parfois je me fiche éperdument dans Burda. Dans le prêt-à-porter cela n'a pas d'importance mais en lingerie, c'est primordial et absolument essentiel. 

Pour me donner du courage et parce que je n'avais que cela sous la main, la deuxième toile ( qui fut la bonne !) a été réalisé dans un merveilleux tissu bleu ciel avec des lapins. L'Homme s'est demandé si j'étais sérieuse mais a repris couleur humaine lorsque je lui ai expliqué que c'était " un brouillon". 

DSCN1374

 

Essayage de la deuxième toile " petits lapins"

J'ai vu le moment où Claire allait me demander de faire une troisième toile, heureusement les fêtes de Noël approchaient et une trève s'imposait pour ensuite repartir de plus belle. J'ai donc fait une pause de 15 jours dans la réalisation du corset, j'ai pris l'air iodé en amoureux et entre copains et j'ai dévoré un roman corseté " Adèle et moi". ( Je vous le conseille : c'est délicieux). 

IMG_1929

 Pause iodée à Noirmoutier et ouverture des huîtres !

Et passé ce petit intermède sur l'île de Noirmoutier il a fallu remonter en selle sur le corset pour la réalisation dans les " vrais" tissus ! Huhu comme m'a dit l'Homme quand je lui ai expliqué le rôle de Claire, corsetière dans mon projet." Ah oui en fait c'est une coach de corset ! Elle est là pour te dire " allez huhuhu le corset ! " Moui... presque.

En attendant, je faisais moins " huhu" et j'ai bien cru devenir chèvre pour de vrai avec ce coutil satiné et ces coutures rabattues !

Le corset est composé de " 3 couches". Un tissu d'extérieur en soie et goussets réhaussés de tulle pailleté, l'armature du corset en coutil satiné cousue en coutures rabattues dans lesquelles sont insérées les baleines, et une doublure en popeline de coton " toute simple". A chaque tissu, il a fallu épingler, traçer les marges de coutures adéquates, couper, assembler.  Cela peut paraître " easy" à lire mais à faire, cela l'est moins ! J'ai beaucoup appris. J'ai beaucoup progressé notamment en précision et marquage des tissus, dans la préparation avant la couture et dans les coutures des parties arrondies. 

IMG_1914

 Traçage sur la soie sauvage 

IMG_2087

Réalisation de l'armature en coutil satiné 

IMG_2088

Coutures rabattues 

IMG_2086

 

Soie sauvage et goussets en tulle pailleté

Une fois les 3 parties cousues, il a fallu les assembler, poser le busc ( partie en métal permettant l'ouverture et la fermeture du corset sur le devant) pour ensuite insérer les baleines. Cette étape fut réalisée dans l'antre de l'atelier de Claire, fin janvier. C'était tellement chouette d'être 3 filles, et de bosser " corset". 

Je suis ensuite partie quelques jours à Poitiers pour un séjour " entre filles" où nous avons cousu, bricolé, brunché, rigolé. J'ai profité de ce séjour pour clore les finitions : c'est à dire insérer les baleines préalablement limées et poser à la main les rubans bas et hauts de finitions. 

IMG_2093

 Pose du ruban haut 

IMG_2102

 Fin de pose du ruban haut 

IMG_2115

Insertion des baleines ! 

IMG_2119

 

Pose du ruban bas

Au retour de ce petit séjour faisant office " d'enterrement de vie de jeune fille" qui s'est déroulée au son du thé et des copines, il ne restait plus qu'à poser les oeillets, le lacet dos et faire l'essayage... ! Ouah, j'y étais presque, le rêve devenait réalité : je m'étais cousue un corset de princesse digne d'un conte de fée !

Je me suis mise en route pour " ma dernière séance". J'étais triste et nostalgique et en même temps super heureuse d'y être arrivée. Triste parce que c'était le dernier " cours" auprès de Claire, que je n'aurais plus ces petits rendez-vous hebdomadaires ou quasi, et puis aussi parce que c'était la fin de la réalisation. Mais j'étais impatiente de le porter !

WP_20150206_004 (1)

Pose des oeillets et du lacet

 

Après une heure à lutter avec une machine à oeillets puis une pince, une grande papoterie avec Claire et la pose du lacet, j'ai enfin pu le porter !

 

 

WP_20150206_007

 

Je suis tombée dans les bras de Claire, émue et heureuse. Et bien plus qu'une aventure de couture ou de mode, cet accompagnement fut une aventure humaine qui m'a permise de révéler une part de ma féminité au plus près de mon corps ! C'était fabuleux le corset !

A bientôt,

Charlotte.

WP_20150206_009

 

 

 

Posté par petitecharlotte à 17:31 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,


14 mars 2015

Appelez-moi Madame !

Comment cela? 

Madame? Depuis le 28 Février dernier je ne suis donc plus une mademoiselle mais une Madame. Vous l'aurez compris, je ne vais pas faire durer le mystère plus longtemps, cela virerait au ridicule, l'Homme parfait et moi nous sommes mariés ! 

C'est évidemment, une des raisons de mon absence prolongée sur ce petit coin de mon jardin couturistique et tricotesque. 

J'aurais pu, lorsqu'il il y a quelques mois ce projet de mariage a vu le jour, tenir un journal des préparatifs "faits main" ici, mais je n'en ai pas eu envie. Pas envie du tout. J'ai préféré la vraie vie :  mes croquis perdus au fond de mon sac tricot, mes dérivations mentales le soir avant de dormir, savourer chaque seconde devant la machine ou en train de tricoter qui passent tellement plus vite que les secondes " ordinaires". 

Et autant, je n'ai pas eu envie d'écrire ici durant ces 5 mois qui viennent de s'écouler, autant maintenant je crève d'envie de coucher l'histoire et de la partager. 

" Tout" a commencé un soir d'octobre. Nous étions vautrés chacun sur un des canapés du salon avec L'Homme, lui consultant des tableaux bizarres avec des chiffres, moi "pinterestant" ou un truc du genre. Il a tout d'un coup relevé la tête et m'a sorti " Chérie, on se marie ? !"

Le seul truc que j'ai pu alors babultier c'est " Quand? " !

Il m'a répondu " quand tu veux ! ". J'ai alors pris un calendrier, regardé quand " tombaient" les vacances en Février, et j'ai décidé que ce serait le 28 Février 2015.

IMG_1774

 

Bague de " fiançailles" Haribo, "c'est beau la vie pour les grands et les petits" offerte par L'Homme quand je faisais l'atelier " faire-part" 

Je vous laisse imaginer la partie de rigolade ! A en pleurer de rire et de bonheur ! 

IMG_1781

L'atelier "faire- part et écriture", un we de Novembre chez Mamie.

A partir de là, une superbe aventure, avec la préparation de notre mariage a commencé. Une histoire drôle, tendre, remplie de projets, de laine, de tissus, d'amitiés, d'amour , une histoire comme je les adore.

 

Evidemment, je ne concentrerai pas toutes mes cousettes et tricotages dans un seul article, je vais en dédier un à chaque partie. 

Mais pour que vous ayez un petit aperçu à travers la lorgnette, en guise de " sommaire" de l'histoire voici ce que j'ai préparé : 

Pour les habits : 

- Evidemment ma " robe" qui était plutôt une tenue faite : 

    - D'un corset 

    - D'un boléro et d'une capeline tricotée 

    - D'un jupon en deux cotons et d'une jupe en mousseline et tulle pailleté 

    - D'une veste en velours de laine. 

- La robe de Clémentine, dans un modèle de C'est Dimanche que j'affectionne, et un petit gilet réalisé à partir d'un modèle de Solenn Couix-Loarer

- Un gilet pour Louis sorti d'un bouquin de la Droguerie. 

Pour les bricolages : 

- Le livre d'or 

- Des badges pour les invités 

- Des origamis pour la déco des tables 

- Des " bijoux" pour les invitées. 

 

Et pour terminer ce petit prologue, quelques photos... en attendant le prochain article qui sera sûrement consacré à une partie des vêtements ! 

 

 photos d'Hélène et Pierre-Marie

PM (4)

 

Clémentine à la mairie 

 

PM (49)

 

Louis à la mairie 

PM (56)

Les tables 

PM (84)

 

L'ouverture de notre bal, sur " J'adore" de Grégoire... 

 

signature

 

 

 

 

Posté par petitecharlotte à 17:58 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

09 janvier 2015

A charlie

101416562

credit dessin : laetibricole

 

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard, Au rendez-vous allemand, 1945, Les Editions de Minuit

Posté par petitecharlotte à 11:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 décembre 2014

Amandine

Il y a longtemps que j'y pensais.

 Lui tricoter " quelquechose".

Ses cheveux roux, son amour de la nature et le jardin botanique où nous travaillons toutes les deux m'ont inspiré cette capeline " Quimper".

Le vert, couleur de l'espérance s'assorti parfaitement aux cheveux si lumineusement cuivrés d'Amandine.

La capeline qu'on enfile quelles que soient les circonstances : au jardin, le soir en buvant une tisane pour se réchauffer ou pour une balade en forêt, se prêtait bien à sa personnalité et son mode de vie.

DSC05813

 

Modèle " Quimper" pour La Droguerie

Alpaga "Encre verte" et plumette " week-end" La Droguerie 

Aiguilles circulaires  5,5.

J'ai passé une partie du début de l'automne à confectionner cette capeline avec un plaisir et une douceur rares. Les motifs de torsades permettent de ne pas s'ennuyer.  Les " grosses" aiguilles quant à elles laissent l'impression que le tricot monte " tout seul" et la douceur de l'Alpaga mêlée à celle de la mohair reste mon mélange préféré. 

DSC05805

 

 

J'ai craqué en voyant celui réalisé par Véro pour le bonnet " Tous à la montagne" que j'ai assorti à la capeline, en rajoutant juste un fil de surnaturelle couleur " Popeye". Le pompon vient aussi de ma boutique chérie. Tout doux ! D'autres bonnets en seront munis cet hiver !

J'ai mis du temps à la fois à revenir poster sur mon blog, et à poster cet article pour différentes raisons. 

Mon éloignement de la Blogsphère au retour de mes vacances estivales fut à la fois volontaire et naturel, j'ai fait une overdose : overdose des mêmes modèles sans arrêt postés, overdose des photos sans sens, overdose des mêmes tissus... 

Ce petit break m'a permis de " monter" d'autres projets créatifs différemment. De réaliser des modèles que l'on ne voit pas souvent en adéquation avec ce que j'avais envie de raconter, comme cette capeline Quimper. 

Et puis, parce que le jour où nous avons fait la séance photos avec Amandine, il s'est passé un évènement des plus glauques au sein du jardin, j'ai mis un peu de temps à rouvrir " le dossier" des photos prises ce jour là. Néammoins presque un mois après, j'aime retrouver sa frimousse et la lumière or du Ginko Biloba s'éffeuillant sur les conifères... Quelques jours seulement cet arbre garde son feuillage jaune d'or pour ensuite couvrir le sol de petits éventails comme ici, et c'est aussi pour ce spectacle que travailler au jardin, est chaque jour qui passe, un réel bonheur... en plus de la bonne humeur d'Amandine. 

DSC05811

Joyeux Noël à tous et à très bientôt, 

Charlotte. 

signature

 

 

Posté par petitecharlotte à 15:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

19 septembre 2014

Graphique's Bella

Je n'aime pourtant pas coudre " pour les autres" et au fil du temps, je l'assume de plus en plus. 

J'avais écris mes " instants d'égoïsme" il y a quelques mois. 

Pourtant, cet été, lorsque Céline m'a proposé de lui coudre "une robe", j'ai dit "oui" avec un enthousiame débordant. 

D'abord parce que cela me permettait de relever " un challenge", celui de coudre à distance, et de m'appliquer à 200% sur toutes les finitions. 

Ensuite parce que le tissu qu'elle a choisi , je ne l'aurais jamais choisi pour moi ( il n'a pas de fleurs... ! ) et pourtant je le trouvais sublimissime. C'était donc un autre moment de plaisir : coudre un tissu qu'on aime quand même et le voir porté ! J'ai résolument abandonné l'idée de coudre un jour pour mon intérieur au moins pour le moment, donc les tissus finissent en vêtements ou en sacs ( quoique... mon sac Promod à 14, 90 euros que je me traine depuis 3 ans me suffit amplement, et je n'ai toujours pas trouvé un autre qui me convienne aussi bien... ) , partant de ce principe, les tissus graphiques n'ont pas de place dans ma garde robe, sur mes formes et ma petite taille, je ressemblerai à un cube... 

Enfin et surtout, c'était l'occasion, enfin, de réaliser du sur mesure pour Céline, mon amie, qui tient une place si importante dans ma vie. 

Depuis cette rencontre sur les marches de la fac de pharma il y a une dizaine d'années, à aujourd'hui notre amitié a grandi aux rythmes de nos vies, et rares sont les personnes avec qui je partage autant malgré les différences, les embûches et les aléas, la distance et le temps qui passe... 

C'est donc pleine d'étoiles dans les yeux et frissonnant devant la machine à coudre que j'ai réalisé un de mes modèles favoris pour Céline. 

S0493057

 

Modèle Belladone de Deer and Doe , taille 36 pour le corsage et 38 pour le bas. 

Tissu Art Graphic from Canada directement ! 

Passepoil bleu Klein pour la Droguerie 

S0423050

 

 

En la regardant sur les photos dans les bras de son amoureux, et si heureuse, j'ai, je crois des milliards d'étoiles dans les yeux ! 

A bientôt, 

signature

 

 

Posté par petitecharlotte à 19:52 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,



02 septembre 2014

Instants d'Oléron !

Je suis décidément pleine de contradictions ! 

Mélange à la fois d'anticipation et de nostalgie ! 

Après avoir cousu une jupette de rentrée à la fin des vacances pour m'y préparer, j'ai eu envie, en ce jour réel de rentrée pour mes "moustiques" de repenser aux instants sur la plage, aux spaghettis aux fruits de mer, à la ville de La Rochelle que nous avons parcouru en long, en large et en travers avec nos 2*3  pieds ! 

Je revois Clémentine toute ébahie devant le port me disant " Mais Maman regarde ! des "bâteaux tentes ! " Pour une enfant qui grandit loin de la mer, voici les réactions lorsqu'elle voit un voilier " en vrai" ! 

Je repense à Louis courant sur la plage comme un fou pour aller chercher de l'eau pour son château... ! Ou en train de dévorer une glace au caramel-beurre salé à 23h ! 

Je ressens encore un peu le vent dans les cheveux, le bonheur de marcher pieds-nus, le sel sur les lèvres et l'odeur iodée que j'aime tant et tant ! 

Les vacances à L'ouest, ( pour une fille qui en vient... )  peu importe la météo, c'est toujours revigorant et c'est toujours une grande joie et un grand sentiment de liberté de pouvoir profiter d'un " vrai horizon" et de sentir les embruns ! 

Les Photos de Choucckette-2

 

Clémentine sautant dans l'eau ! 

Photo : Choucckette. 

Mais il y a tout de même un peu de couture dans cette photo ! 

Avant de partir, j'ai encore une fois fait mes preuves dans " l'anticipation" ou "le manque" au choix en confectionnant des vêtements aux parfums d'embruns ! Un peu à l'image de mes marinières

Les Photos de Choucckette

 

Louis et Clémentine 

Robe Paris, taille 6/8 ans 

Tissu " Bonne pêche" bleu cobalt, et passepoil bleu klein, le tout " La Droguerie" 

Photo : Choucckette. 

J'avais flashé sur ce tissu en même temps que sa sortie ! Oui, oui, vous lisez parfaitement bien " flashé" ! J'ai flashé sur un tissu où il n'y avait pas de fleurs ! ( Au passage, les tissus " hiver" de la nouvelle collection de " La Droguerie" sont tout aussi jolis et prometteurs que ceux de cet été ! Si vous n'avez pas encore été flaner entre les comptoirs en bois, je ne peux que vous le conseiller, un régal ! )

Je n'ai donc pas attendu d'hésiter, et j'ai cousu en deux soirées cette petite robe pour Clem' qui trépignait d'impatience à l'idée " d'en avoir une nouvelle". On dirait presque que c'est ma fille cette petite , elle aime les robes  ! 

Techniquement, rien à dire, ce modèle archi connu de " C'est Dimanche" est tout simple, mais très pratique à porter tout en ayant un petit style avec ses petites poches et le plastron. Décalé dans ce tissu presque " Wax", je la préfère même aux versions fleuries ! 

 

Les Photos de Choucckette-11

 

Photo : Choucckette. 

 

J'en profite pour vous remontrer mon petit " Marcel"  que j'ai très souvent portée in situ ! Il a fait vraiment frais, et c'était très chouette au moins pour porter un pull d'été ! Et aussi pour le plaisir de la photo avec mes deux moustiques ! 

Et pour terminer, car cette fois c'est vraiment la rentrée, une de mes photos préférées ( quel joli travail de Choucckette) , comme pour dire " au revoir" à la mer et à bientôt ! 

Bonne " vraie" rentrée aux écoliers ! 

Les Photos de Choucckette-10

Photo : Choucckette. 

 

 

Posté par petitecharlotte à 15:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

27 août 2014

Jupette de rentrée !

 

Hier, c'était la rentrée. 

Il pleuvait, et j'avais ma petite boule au ventre comme à chaque rentrée. Que j'ai 7 ans, 12 ans, 20 ans ou 30 ans, il pleut toujours pour mes rentrées. Que j'aille au CP, en 5ème, à la fac ou bosser au jardin botanique, j'ai toujours cette petite boule signe à la fois d'une grande excitation et d'une petite appréhension. 

Je suis toujours très heureuse de retrouver les copains ou les collègues, l'odeur des tilleuls de la cour de récré ou du jardin botanique sous la pluie, et toujours aussi un peu intimidée et anxieuse en me retrouvant devant mes cahiers tout neufs, mon nouveau stylo, mon agenda vierge, ou mon ordi. Je souris mais j'ai un peu peur en tenant mon plateau à la cantine ou en buvant un café dans le réfectoire en ce premier jour.  

Pour " affronter" la rentrée, j'ai décidé quelques jours avant de me " remettre" à la couture. Je n'avais pas touché ni même vu ma machine à coudre depuis 3 semaines et j'étais sérieusement en manque ! De plus, j'ai réinstallé mon atelier dans notre nouvel appartement, et je m'y sens vraiment bien. J'ai plus de place, et c'est beaucoup plus éclairé et agréable ! Coudre avant la rentrée, c'était donc un vrai test positif pour toute l'année à venir, et à la fois une bonne thérapie ! 

Je voulais réaliser un projet rapidement qui prolongerait un peu l'été, et en même temps se porterait facilement quand l'automne pointerait son nez. Un vrai projet de rentrée en somme ! 

jupette---l-

J'ai choisi cette jupette dans un vieux Burda gentillement prêté par une amie. Je l'avais vu réalisée chez Malthilde

J'ai tout de suite pensé à ce coupon fleuri déniché lors d'un marché au tissu au Wacken. Un fond noir et des fleurs colorées. Elle pourrait très bien faire l'affaire pour les derniers rayons de soleil et en même temps sur un legging ou des collants noirs quand il ferait moins chaud. 

jupe-3-

 

Jupe modèle 122 B , Burda Mai 2010 

Taille 38 

Tissu coton imprimé , marché au tissu du Wacken d'Avril dernier,

passepoil et dentelle noirs, La Droguerie. 

 

Bon, la réalisation de la dite jupette ne s'est pas faite aussi rapidement que je l'espérais ! 

D'abord, ne nous méprenons pas cela reste du Burda, donc même lorsque c'est indiqué " facile" il faut quand même le dictionnaire pour comprendre les explications ... ( oui après tous mes projets, je ne sais toujours pas me passer des explications... et même pire je crois que je suis un peu maso au point d'aimer les lire ! ) Ensuite, une surjupe froncée sur un empiècement de hanche, des poches passepoilées dans mon cas,  le tout monté sur une ceinture ça demande de la précision, sinon le moindre petit défaut se voit horriblement ! 

J'ai donc pas mal de fois refait quelques étapes à commencer par la parmenture de la surjupe que j'avais posée à l'envers ! Heureusement c'était le début ! Ensuite j'ai voulu faire ma maline et coudre les poches avant d'ajuster la jupe sur l'empiècement de hanche, résultat au moment de l'essayage ça tirait, car les poches étaient trop basses et j'avais " forcé" pour ajuster le devant de la jupe sur l'empiècement ! ( Je dois être là aussi clair que le Burda !

En résumé, une fois que j'avais parfaitement posé ma fermeture éclair invisible dans les règles de l'art ( et c'est pas si facile !), ajusté le devant sur l'empiècement de hanches, la ceinture sur le dos , j'ai dû défaire une grosse partie des coutures, tout reprendre et recoudre les poches ! 

J'avais envie d'en finir avec la jupette de rentrée, j'ai donc posé directement la dentelle sur le surjet sans faire un " vrai " ourlet, et cela ne voit ( presque !) pas ! 

Enfin comme toutes les blogueuses qui ont réalisé cette jupe, j'ai failli m'évanouir pensant que je ne rentrerai jamais dedans... mais si ! Portée taille haute et pas sur les hanches comme la fille de science fiction du Burda Magazine ! 

De toutes façons, comme vous le savez bien, j'adore les tailles hautes ! ( et pouvoir à peine respirer... ! Je suis prête pour la réalisation du corset ... message auto-subliminal...!

jupe-1

Et pour terminer  pour  la petite phrase habituelle de l'Homme : " ah mais ça pique toujours les yeux les couleurs! " ah bon? 

Au regard de la météo, le port avec le débardeur en dentelle et jambes nues ne sera que pour les photos et la version collants/sous pull noir/bottines va vite faire sa " vraie" rentrée  ! 

Bonne rentrée à tous, 

signature

 

 

Posté par petitecharlotte à 17:34 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,

14 juillet 2014

Guinguette et feux d'artifices !

La fête nationale avec son défilé,  la valse et les flonflons et les feux d'artifices ! 

Ce n'était pourtant pas fait exprès mais je trouve que cette robette s'y prête parfaitement ! 

14-juillet-2-

 

Les journées bien remplies "d'animation", les péripéties diverses et variées de ma vie de maman, d'animatrice, de Charlotte m'ont poussée le mois dernier à un peu de repos et à un besoin urgent et quasi vital ( sens de la mesure ) de me coudre une nouvelle robe. Cela faisait longtemps que je n'avais pas cousu une robe ! J'avais envie de m'installer devant ma table de couture, de sentir le tissu sous mes doigts en ne pensant à rien, juste à Serge Reggiani et à une question essentiellement existentielle : cette nouvelle robe. 

Et si je me refaisais une Cami version été ? Cette petite question posée à moi même dans le train du matin, devenait une évidence dans le tram du soir. 

Je sautai du tram qui me conduisait vers la gare en sortant du boulot,  et  je décidai de passer à La Droguerie pour voir mes copines.

Outre un énorme fou rire, je suis ressortie après maintes et maintes hésitations, avec un tissu en coton fleuri. Comment ça "c'est pas possible"? 

J'essaye bien de me soigner, concernant mon attirance complètement incontrolable face à ces coupons mais cette tentative reste vaine. Je finis toujours par succomber. 

J'hésitais entre un coupon au délicieux motifs " pêche en haute mer" et ces fleurs rouges et bleues " couleur gauguin". 

14-juillet-1-

 

Robe Cami Dress de Pauline Alice ( sans les poches) 

Taille 40 sans altérations 

Tissu coton " couleurs Gauguin multico vifs " et boutons bleu métal pour La Droguerie 

 

J'ai quand même passé toute le temps de la confection à me demander si ce rouge et ce bleu n'allaient pas finir par me tourner la tête et si la dite robe n'allait finalement pas rester dans le placard en prenant le nom de " fiasco". Jusqu'au dernier moment, et même avant d'écrire cet article je doutais encore. Les remarques de l'Homme : " tu veux attirer les taureaux en rute dans l'arène? " ne m'ont évidemment pas aidée dans ma crise existentielle de doutes... 

J'ai débuté la réalisation de cette robe avant de chuter dans les escaliers, de m'abimer les muscles et un ligament de l'épaule,  et de me retrouver privée de couture et de tricot pendant 3 semaines ! J'ai dû alors abandonner la robette aux couleurs impropables au stade de "la coupe et des premières pinces effectuées" . Quel supplice ! Autant dire, que lorsque que ma kinésithérapeute m'a annoncé que je récupérais très bien et très vite et que je pouvais reprendre la couture et le tricot à petite dose, j'ai sauté au sens propre du terme sur ma machine à coudre et le tissu flamboyant ! 

Comme d'habitude, je me suis un peu emballée et j'ai bien senti mon empressement dès le lendemain... J'ai donc raisonnablement ralenti le rythme ces derniers jours, et j'ai continué pas à pas ma robe en restant zen sur le temps passé sur la MAC,  pour  finir tranquillement la dite " guinguette et flonflons" hier soir après un vrai week-end "feux d'artifices" avec L'Homme ! 

Techniquement, la cami et moi même sommes désormais de grandes amies. C'est un véritable plaisir de la coudre. Les instructions de Pauline sont limpides et pas ennuyeuses. Les pinces donnent les petits détails amusants à réaliser et la jupe juste froncée reste simplissime à monter. Il y a juste une fermeture éclair à poser et un col classique à réaliser pour mettre notre patience un peu ( mais vraiment un peu)  à l'épreuve. 

Pour conclure couturesquement parlant, j'aime l'efficacité de la robette. Rapide et facile à réaliser et très agréable à porter.Pour aller danser au 14 juillet avec des talons, ou avec mes nouvelles spartiates dorées pour les vacances, c'est sûr, elle ne passera pas l'été dans les cartons ! ( Nous déménageons dans quelques jours, un peu malgré nous et après de nombreuses péripéties, mais au final pour un appartement au charme désarmant que je présenterai lors de mes prochains posts...) 

 

Et pour finir sur les festivités de notre fête nationale, à défaut d'avoir défilée avec ma trompette ( je ne pense pas que celui qui s'est si gentillement moqué de moi en me glissant ceci lorsque j'ai émis l'idée d'aller fêter le 14 juillet, me lise ...! ) je comptais bien aller danser avec mes copines au bal populaire ! C'était oublier le temps pluvieux et venteux, et les possibilités un peu réduites pour rentrer après le bal : je n'ai pas encore loué le carrosse de Cendrillon !

14-juillet-4-

 

Mais dans la petite ville d'à coté qui est aussi notre future commune, Homme de ma vie, allons danser et/ou poursuivre notre week-end " Feux d'artifices " ? 

signature

 

 

 

 

Posté par petitecharlotte à 18:59 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

22 juin 2014

Instants d'Egoïsme

 

Je profite de ce temps, où je ne peux tricoter ou coudre ( c'est un véritable supplice et une source de frustation intense.)  pour lire, et pour écrire aussi. 

Il y a un petit moment que je réfléchissais au sujet. Cette mise au repos forcée de mon bras droit ( j'ai de fortes contusions et une distention ligamentaire suite à une chute dans les escaliers...) me pousse à passer à l'acte ! 

De nombreuses fois,depuis que je tiens ce blog, on m'a " passé " une commande, ou demandé si je pouvais coudre : une robe, un chemisier, une jupe. Si je pouvais faire les ourlets, les réparations, tricoter les chaussettes en laine pour la chasse. 

J'ai essayé en quelques points d'analyser pourquoi je n'aimais pas ça, vraiment pas ça, et pourquoi maintenant, je refusais. 

narcisse

1. Coudre ou tricoter est pour moi, avant tout, un plaisir, une source de plaisirs. 

 Bien que, au regard de la conjecture actuelle de la mode et des filles des magasines ( 1m 70, longiligne, 85 B) et ma morphologie à moi ( 1m53, hanches ++, taille normale,  90 D) je sois bien contente que ce plaisir m'évite de sortir toute nue dans la rue, je fais pour le plaisir, pas pour " me faire mes fringues".

J'aime la sensation de la laine qui glisse entre les doigts, j'aime le cliquetis des aiguilles en métal, le bruit plus sourd de celles en bambou, j'aime aussi aperçevoir la pelote se dévider.  J'aime la différence des matières : de l'alpaga à la mohair en passant par le coton ou le bambou. Je vais je pense, me tricoter un pull en lin, moi qui faisait de la résistance jusque là. Un fil rèche et solide.  Le coton est doux et solide, l'alpaga doux et fragile. C'est en permanence un véritable moment de plaisir aussi physique le tricot. Avec le toucher des matières. 

C'est aussi un veritable moment de lacher prise, ou je savoure le plaisir de la détente intellectuelle, et celle de mon corps aussi. Tricoter relaxe. On oublie les soucis quotidiens, le temps de quelques rangs en se concentrant sur un diagramme ou la réalisation des diminutions de l'emmanchure. J'essaye, dès que je peux de me mettre dans ma position préférée pour ce loisir. En tailleur sur mon canapé, le dos bien droit, les avant bras sur les cuisses. Avec ma playlist deezer favorite ou "un film pour Charlotte", c'est jouissif.  

Pour la couture c'est un peu pareil, en différent ;). J'aime passer de longues heures à choisir un tissu ( pour au final ressortir avec un tissu en coton à fleurs mais cela est un autre débat !) , les regarder, les toucher. Discuter avec les vendeuses de la boutique le choix du dit tissu. J'aime le sortir de la machine à laver, l'étendre, sentir ensuite l'odeur du linge fraichement lavé dessus. J'aime même le repasser ensuite ( un comble ! Moi qui ne repasse pas les vêtements ou presque !), avant de passer à la coupe. Toutes ces étapes préliminaires à la confection, sont aussi très savoureuses. 

J'aime voir les morceaux du vêtement se dessiner sous les coups des ciseaux, j'aime prendre le temps d'épingler soigneusement le tissu endroit contre endroit avant chaque couture avec mes épingles : longues, fines et colorées, idéales pour tous les tissus, même les plus fragiles ou les plus fins. J'aime le bruit de ma machine à coudre, le soir seule dans ma chambre mêlé à la voix de Regianni ou de Rose défilant sur mon iphone. J'aime poser et regarder parfois pendant de longues minutes les boutons sur le vêtement encore inachevé avant d'aller me coucher.  ( en général l'Homme débarque à ce moment là, et me somme d'un " mais tu as bugué ? " )

Tous ces plaisirs découlent d'un choix. J'ai choisi le vêtement que je voulais faire, la matière et la forme, la couleur des boutons. Personne ne m'a imposé un modèle ni choisi à ma place. Et tous ces plaisirs simples, décrits plus haut, se perdent lorsqu'il s'agit d'une commande.  Je suis surement d'une mauvaise foi sans nom mais le tissu imposé ne sent plus le linge frais en sortant de la machine ! Je ne vous parle pas du reste, je suis capable de trouver l'alpaga noir moche, alors que c'est le même que le bleu que je viens juste de tricoter pour moi ! Je ne prends pas de plaisir à faire un vêtement sur commande. Je ne peux toujours pas m expliquer pourquoi tous ces plaisirs disparaissent alors, mais je crois que je n'ai plus envie de me l'expliquer. Mais si je ne devais garder qu'une raison pour expliquer pourquoi je ne fais pas pour les autres, je garderai sans hésitation celle ci : 

La couture et le tricot, c'est comme faire l'amour, tous les aspects techniques peuvent être au rendez vous, sur commande ou imposé, il n'y a plus de plaisir, de tendresse et de sensualité :  c'est râté ! 

trousse-couture-

2. Coudre ou tricoter, c'est un loisir, pas un travail, alors je n'ai pas envie le soir ou pendant mon temps libre d'avoir l'impression de travailler ( même si j'adore travailler hein ! j'aime bien aussi faire autre chose ! ) 

3. Quand on coud et on tricote pour soi, l'exigence est haute, mais cela reste un loisir, on tolère les défauts. Je pense que je suis assez perfectionniste, et de plus en plus d'ailleurs sur les détails. Je prends vraiment le temps de soigner chaque étape. Rien de pire qu'au moment de faire les boutonnières de réaliser un gros décalage sur le montage d'un col parce que j'ai pas pris le temps de bâtir. Malgré le temps et le soin apportés aux réalisations, ce n'est pas du professionnel. Il y a toujours des petits défauts : le tissu qui plisse un peu à l'extrémité d'une fermeture éclair ou une boutonnière trop " dure". Et autant pour soi, ou ses enfants, c'est pas bien grave, autant si je devais faire pour quelqu'un je ne supporterai pas ces petits défauts. Et je n'ai pas envie de les supporter, ou de passer 10h à les corriger. 

4. Coudre et tricoter ça prend du temps. Je peux largement passer une centaine d'heures sur un gilet à torsades comme celui que je suis en train de me faire actuellement. Ou 3 semaines sur la confection de mon manteau d'hiver. Si je prenais des commandes, je ne ferais presque plus rien pour moi, et risquerais alors de sortir toute nue dans la rue... je vous laisse le soin d'imaginer les dégâts qui s'en suivraient :) 

tricot-en-cours-

5. Faire les ourlets et les réparations c'est tellement pénible  que je mets déjà 1 an parfois à faire les miens et ceux de mon compagnon et mes enfants, donc je n'imagine pas quel temps je serai capable de laisser passer pour faire ceux des autres... 

6. Coudre ou tricoter quelquechose que j'ai choisi, c'est parfois difficile à terminer pour moi... Je tombe amoureuse d'un nouveau tissu, un nouveau patron, modèle et j'ai une envie irressitible de me jetter à corps perdu dans cette nouvelle aventure... !  Parce que je suis comme ça, dans la vie aussi en général. Bon, je finis toujours par teminer mais parfois dans la douleur ( restant relative hein, c'est du loisir) et en traînant en longueur. Je peux vous assurer que " les commandes" elles, par contre,  ne seront jamais terminées. Le pull commandé par ma soeur il y a 4 ans, est toujours sur mes aiguilles, je n'en suis pas spécialement fière mais bizarrement je n'ai plus honte de le dire ou l'écrire. 

 

Par contre, j'adore tricoter en groupe, ( non, ne faites pas de parrallèles cette fois-ci avec l'amour, la comparaison n'est pas toujours juste ! ), il va falloir que j'essaye bientôt, le café tricot, ou proposer à mes copines de se faire des aprems tricots-thé ! 

J'aime aussi coudre à deux, et j'adore transmettre ce que j'ai appris. Durant mes vacances de filles chez Claire, j'ai adoré lui montrer chaque étape pour faire une robe et aussi la torturer en lui faisant tout bâtir pour que ce soit presque parfait ! :) 

Donc même si je refuse de te coudre ton chemisier ou ta robe ( je parle pour toi soeur, copine, amie, inconnue de la boutique ou de la rue) , ou tes ourlets ( frère, parrain de mon fils, Homme de ma vie, copain de homme de ma vie, copain à moi, ami à moi)  je suis toute prête à t'accueillir dans mon salon ou ailleurs avec ta machine ou tes aiguilles pour une petite session de plaisirs et connaissances partagés ! 

signature

 

 

 

 

 


Posté par petitecharlotte à 15:59 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

15 juin 2014

La marinière.

J'ai toujours eu une admiration voir une fascination pour les marinières. 

Les marinières des héros de mes livres : de Marius et  de Yann ( Pêcheur d'Islande). Celle de Picasso photographié par Doisneau. 

Celles des vrais marins ou des autochtones que j'observais du coin de l'oeil quand jétais adolescente et que  nous allions en vacances en Bretagne. 

Celles de Nico aussi, qui en portait très souvent. 

Celles de mes camarades étudiants quand j'étudiais ( enfin quand j'étais à la fac hein ? ;)) en  Bretagne. 

J'aime tout autant celles que je tricote pour les bébés ou celles qu'elle tricote si précisément. 

Ce n'est pourtant que une ou deux couleurs et parfois des rayures...c'est presque un cliché, tout le monde aime les marinières ! M'en fiche j'adore les clichés ! 

C'est en voyant celle d'Aline ( qui est d'ailleurs une de mes lectures tricot favorites... !)  que j'ai eu le déclic pour me tricoter la mienne. Ma marinière de cet été, et peut être des suivants aussi ;) 

mariniere-1-

 

Marinière réalisée d'après le modèle n°25

Catalogue " Amoureux de la maille" ( N°104)  de Phildar, Eté 2014. 

Taille 38/40

Coton Aviso Outremer et Ecru, Phildar. 

Aiguilles 4,5, 5 et 5,5. 

 

C'est la couleur Outremer qui m'a donné en premier lieu envie. Puis le modèle. Je dois avouer que pour une fois, me laisser séduire par un modèle de l'été en cours ( et pas celui de 2006 comme d'habitude) me plaisait. De plus, ce petit modèle que j'avais vu suite à un défi Phildar, n'était pas en reste en terme d'éloges. Enfin, pour changer de mes lavallières et blouses rétros il était bien non, ce petit nouveau ? 

Un soir, en sortant du boulot, je me suis dit qu'il n'y avait que les imbéciles qui ne changeaient pas d'avis et je suis allée dans la boutique Phildar avec enthousiasme. J'allais quérir, attention, du fil à tricoter... avec de l'acrylique dedans et en plus faire une infidélité à ma conscience qui ne peut qu'associer " tricot et La Droguerie"  ! Ahhhh... ! Mon âme tricotesque n'avait alors plus la moindre chance de salut pour éviter le purgatoir ! 

J'ai touché, tâté, et retaté les précieuses pelotes pendant au moins 15 min sous l'oeil assez dubitatif de la vendeuse. Je me demandais si je les achetais toutes d'un coup, ou si je prenais juste une pelote pour faire un essai pour voir si cela me plairait. 

Et puis flûte... Je n'ai pas pu résister ni être raisonnable, le petit ange du 100% coton faisait pâle figure à coté du bleu outremer... j'ai direct acheté 10 pelotes, 8 outremer, et 2 écrus. 

Mais quel plaisir ! 

Le fil Aviso monte tout seul, tout doux et bien rond ! C'est le tricot parfait du train ! C'était aussi le tricot parfait du moment, au milieu des mois les plus chargés au boulot en terme d'animations, je n'ai pas envie le matin ou le soir de me casser le nez sur des schémas de torsades ou des jetés ! Et puis la simplicité tricotesque est tout aussi savoureuse que sa complexité ! 

marinière-2-

J'ai changé le point de riz initial en jersey tout simple pour pouvoir réaliser les rayures. 

J'ai également cintré un tant soit peu en effectuant des diminutions puis des augmentations de part et d'autre de la taille. Sinon, comme d'habitude l'effet " loose cool" voulu du modèle se serait sur mes formes et ma taille transformé en désormais  célèbre " effet tonneau". 

J'ai également réalisé du coup les bordures en point mousse tout en gardant le point de riz pour les manches et le petit revers ! 

Ce petit pull rapide à réaliser, et simple n'est cependant pas ennuyant, loin de là. J'aime le détail des cotes et de l'encolure à crue. 

Et qui l'eut cru? J'aime même les emmanchures toutes droites ! Un comble ! Désormais, en plus je pense de retricoter de l'Aviso, je ne serais plus jamais à l'abri de rien concernant une infidélité tricotesque ;) 

En terme de quantité de fil utilisé, je n'ai finalement utilisé que 1 pelote d'écru mais 9 d'outremer. 

Un petit bémol, ce fil est très épais, et je ne pourrais porter la dite marinière que lors des journées plus fraîches d'été, ou quand il pleut. Heureusement que je vais en vacances à l'ouest et que je ne reste pas en Alsace, la pauvre se serait vu passer l'été dans le placard ! 

mariniere-4-

 

Je profite également de vous montrer les détails de la dite encolure et des manches, pour couper court à une certaine imagination. Non ce n'est pas l'Homme parfait qui me prend en photo. Voici mes complices : ma table à repasser, elle aussi à toutes rayures,  et mes livres. Je ne vous explique par le cirque quand je déplace tout ce foutoir dans le salon, et que je cantonne durant 15 min ma famille sur le canap' ! On voit un petit pied qui dépasse et même Célestine ( à qui ce blog doit une partie de son nom) abandonnée par terre par Clémentine. 

mariniere-3-

 

Et parce que en ce moment, je n'ai plus toute ma tête quant à l'Origami , on part en bâteau ? :) 

signature

 

 

Posté par petitecharlotte à 14:07 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,



Fin »