La robe qui se cache dans cet article a commencé à germer et à m'être inspirée  lors d'un séjour chez mon amie Claire. Au cours de ces quelques jours entre filles j'ai pu réaliser un de mes rêves, plutôt, deux de mes rêves. 

Le premier était de pouvoir un jour retourner ne serait ce qu'une heure, au lycée, m'assoir, sortir un cahier et prendre un cours, comme avant. Oui je sais je dois vous paraitre assez étrange, mais je crois que depuis au moins 5 ans je rêvais réellement de cela. J'ai toujours aimé m'assoir derrière une table, sortir mon plus beau cahier et mes stylos-plume pour noter miticuleusement un cours. 

Le second était d'assister à un cours de littérature de terminale L . Sûrement la frustation d'avoir suivi un cursus scientifique alors que j'adorais la littérature et le français. Je ne regrette pas hein, mais véritablement les cours de français et de littérature m'ont manqué par la suite. J'ai toujours aimé reprendre les cours mais cela n'avait plus la saveur de l'époque des surréalistes ou d'Augustin Meaulnes... 

Alors lorsque l'occasion d'assouvir ces deux fantasmes, s'est présentée, je n'ai pas hésité une seconde. 

Ce que je n'aurais jamais imaginé, il y a 15 ans, c'est que j'allais suivre un cours animé par... Claire. Devenue agrégée, je la voyais devant moi, répondant aux questions de ses élèves alors que 15 ans plus tôt nous étions en train d'écrire notre commentaire composé autour de " Tu me disais" d'André Verdet. J'y ai pris un plaisir fou.  J'ai en plus eu la chance de " tomber" sur la partie du programme qui proposait d'étudier " les mains libres" de Paul Eluard & Man Ray. 

J'adore Eluard. Limite, si j'avais pas envie de faire le commentaire comme les élèves la semaine prochaine. 

Ce qui est sûr, c'est qu'avant Juin je me procurerai ce livre et poursuivrai " mon" cours en faisant des recherches. 

Alors pourquoi vous raconter tout ça? 

Indéniablement, ensuite, après avoir observé un peu mes camarades d'une heure, j'ai eu envie de ressembler à la lycéenne en section littéraire que je n'ai jamais été. 

Cependant, j'avoue que le slim d'aujourd"hui et le t-shirt loose ne corresponde ni à ce qui m'avantage au naturel, ni à l'image que je me fais de l'étudiante en lettres. Beaucoup trop moderne et résolument pas assez nostalgique pour me contenter. 

Non, il me fallait une ROBE. Une robe d'étudiante en lettres, comme dans ma tête et conforme au chemisier de Sophie Marceau dans " L'étudiante".  Bleu marine avec un col blanc. Comme celles que portaient les jeunes filles dans les pensionnats. ( Je vous rassure tout de suite lorsque j'étais au lycée je portais des jeans pattes d'Eph méga longs, des blouses romantiques, et et des docs martens noires vernis comme tout le monde hein ! ) 

cahier-d'inspiration

Cahier d'inspiration :

" Les Mains Libres" Paul Eluard & Man Ray 

Film "l'Etudiante" de Claude Pinoteau 

Bleuet de Deer and Doe. 

En réfléchissant à ma robe, j'ai tout de suite pensé à Bleuet. Typiquement la robe chemisier que j'imaginais. Des découpes princesses, un col monté sur pied de col, et des finitions subtiles avec le noeud dans le dos et les manches ballons. Cependant au regard de la saison, et du tissu que j'avais dans ma petite tête il fallait que je modifie la longueur des manches.

J'ai alors sorti les manches de la Cami Dress qui arborent de jolis poignets qui peuvent être portés de deux façons : remontés ou non. 

J'avais dans mes placards un peu près tout ce qui fallait pour me coudre cette robe : un coupon de lourd lainage bleu marine et une chute de coton nid d'abeille blanc. Il me manquait les boutons de la future étudiante. 

Un soir en sortant du boulot, j 'ai fait un détour par La Droguerie où j'ai trouvé ces petits nacres blancs qui finissent de donner résolument une touche rétro à cette robe. 

La deuxième satisfaction en plus de les avoir trouvé furent leur prix : 4,50 euros pour 15 boutons, j'étais toute heureuse ! 

Le samedi après midi suivant pendant la sieste de Clémentine et le temps légo-hommes de la maison, j'ai ajusté et décalqué les morceaux de patrons qui me manquaient, et coupé mon tissu. 

J'ai cousu une bonne partie du dimanche après midi, et un petit peu, chaque soir,  tout au long de la semaine passée. 

etapes-bleuet

 Au final j'ai terminé ma robette hier, toujours pendant la sieste et pendant que les garçons de la maison regardaient un truc du genre " les bucherons de l'extrême...humhum, autant vous dire hors de question que je mettre un cil et un soupçon de mes oreilles devant ça ! J'en ai donc profité pour faire les boutonnières et enchaîner avec la série de 14 boutons à coudre,  devant une série de filles bien innavouable ! 

J'avais déjà réalisé Bleuet cet été. Donc je partais en terrain connu. J'avais juste oublié qu'il fallait surpiquer les découpes princesses, et bien sur du bleu marine, c'est toujours long et demandant une concentration immense l'oeil bien affuté sur le pied de biche ! 

 

bleuet-cami-1-

Robe Bleuet, taille 40, Manches de la Cami Dress

Tissu lainage bleu navy de Cousette

Chute de nid d'abeille blanc de mon stock.

Boutons nacre pour la Droguerie.

Pour cette fois, j'ai agrandi un chouia les marges de couture au niveau de la poitrine, sur ma version précédente cela était un peu juste à ce niveau de mon anatomie. 

De plus, je n'ai pas fait la boutonnière au niveau du col, 14 c'était déjà bien assez ! En fait je ne sais pas comment je me débrouille mais je rate systématiquement cette opération à cet endroit du vêtement... Le tissu s'en trouve toujours trop épais et je me retrouve avec une boutonnière impossible à ouvrir...

J'adore définitivement cette coupe, et je la trouve même confortable. Le lainage est beau et bien chaud. Parfait pour les -1°C annoncé à Strasbourg, demain ! 

Seul regret, j'aurais dû coudre l'ourlet du bas à la main de façon invisible, il est un peu rigide comme ça et le tombé est donc moyen. Mais vu que je la trouve un brin trop longue, je pense vraiment réajuster ce point très vite. 

Cette robe me reflète bien. Je suis à la fois très bordélique ( comme ma natte qui ne tient pas ) et capable d'évoluer pendant quelques temps dans un bronx inimaginable,  et à la fois très psychorigide pleine de principes ( sur la nourriture et la consommation notamment !) comme la robe marine à petits revers et col blanc. 

Sans la porter tous les jours, ( je suis aussi une fille normale qui porte des jupes en jeans et des pulls ;)) je l'assumerai totalement au bureau.  Je ne vois pas trop comment la décaler, je pense donc que la porterai tel quelle : avec des collants, une tresse ou un chignon et des petites chaussures. 

En cherchant des livres pour illustrer cet article, je me suis aperçue que je ne possédais ( à part quelques exeptions) presque que des classiques ou des auteurs français. L'héritage de ma frustration sûrement. Et de plus que je ne lisais presque que cela en terme de romans.. Les ouvrages que j'emprunte à la bibliothèque sont donc des classiques ou des pratiques de couture, de cuisine, des livres de botanique... mais pas de policiers, ou des romans non classiques étrangers... 

J'ai bien essayé récemment, de m'acheter un roman originaire d'outre antlantique pour un voyage en train, mais au bout de 50 pages ça m'a littéralement pompé. Quand les héroines s'appellent Bree et April, je peux pas. Le fait que les lieux décrits ne me parlent pas le moins du monde avec des références cinématographiques, musicales ou culturelles que je ne connais absolument pas ont fini de m'achever. 

J'assume donc mon coté jeune fille de pensionnat, et je pense même créer une petite rebrique " lecture et poésie",ici, bientôt. Merci Claire ! 

bleut-cami-2-

 

A bientôt , 

signature