J'ai dû feuilleter ce Burda et spécialement les pages une ligne vintage sensuelle inspirée des années 40" peut-être une centaine de fois, voire plus ! En parallèle de mes romans de cette époque cela me donnait des idées de "mettre des étoffes et des croquis" sur mes personnages. 

Il faut dire que lorsque le dit Burda est sorti, soit il y a plus de 4 ans, j'en étais encore à coudre pour mes marmots qui pour l'un ne passait pas sa vie par terre à jouer " au train" et pour l'autre était un bébé. Pour ma part j'oscillais entre préparer des biberons, changer des couches, et fort heureusement très vite mon job au jardin botanique de Lyon. Je m'habillais le matin avec les vieilles frusques, restants de grossesse que je trouvais. Pas de quoi me lançer dans la confection d'un vêtement aux lignes si féminines.  Le Burda me faisait rêver dans mes longs trajets en tram ou en métro de l'époque, et c'était déjà pas si mal. Le temps a passé, mes enfants sont " grands" et j'ai perdu tous mes kilos de grossesse ( l'une ayant suivie l'autre... ) , jeté les vieilleries, appris à coudre des vêtements pour adulte. 

Après la confection des vêtements de mon mariage, il fut ma première envie pour retrouver la couture du quotidien. Replonger dans les petites rêveries rétros qui peuplent mes pensées et donner vie à l'une d'elle. Ce chemisier coincé entre mon étagère et mon cerveau n'attendait que ma machine à coudre pour sortir en " rendez-vous secret" comme dans le magazine ou dans ma vraie vie.

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Corsage 107 du Burda Janvier 2011 

taille 38

Coton marine à pois blanc du marché au tissu du Wacken 

Boutons nacre " marine petits pois" pour La Droguerie

 

Une coupe cintrée, un boutonnage sur lequel jouer selon les envies et des manches aux coudes se boutonnant... tout ce qui fait littéralement craquer dans la mode !

J'ai fureté dans tout mon bazar pour essayer de trouver un coupon qui ferait l'affaire. J'avais pas envie d'acheter du tissu, de mettre mon nez dehors. J'avais oublié ces petits pois blancs sur fond marine dénichés en avril dernier au marché du Wacken avec mes copines ! Oh, mais comme c'était chouette ! J'ai tout de suite imaginé ma petite obsession de longue date dedans, j'en sautillais d'avance ! 

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J'ai profité de mon dernier jour de convalescence "post grippe" ( une vraie grippe toute vilaine qui m'a clouée au lit pendant une semaine, ne pouvant même pas lire une ligne de mon bouquin... alors coudre ! )  pour décalquer le précieux et du we suivant pour le " couper" et l'assembler". 

Techniquement, il est un brin compliqué à réaliser mais drôlement intéréssant. Il faut s'appliquer dès le début avec les pinces apparentes sur l'endroit et le semi-pli creux dans le dos. Les surpiqures doivent être précises sinon, je pense que c'est vite vraiment vilain. Il y a quand même 8 pinces à faire !  Monter le corps du chemisier en fronçant l'empiècement est ensuite une "pause" dans l'assemblage. Cela recommence à se compliquer avec le col. Je l'ai monté une première fois complètement à l'envers... Il faut dire que je n'en avais jamais vu dans une forme pareille ! Bon, j'ai bien sûr tout défait, respiré un bon coup, puis enlevé tout mes petits fils, re-repasser les morceaux du col, connecté mon neurone à Burda et enfin monté le col dans le sens de la marche ! 

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Reste les fentes de manches et les  poignets pour la fin, pour nous rappeller que la satisfaction et le plaisir en couture ( tout du moins me concernant)  viennent du temps passé à être précise et minitieuse. 

Lorsque j'ai eu fini, j'étais heureuse et fière ! Mais il me manquait de jolis boutons... ! 

Ce fut aussi l'occasion de perdre du temps pour une chose très importante dans ma vie : prendre le temps de flâner entre les comptoirs en bois de la Droguerie. J'ai eu la chance de bosser dans cet endroit. Mais c'est encore plus délicieux maintenant de me laisser à chaque fois surprendre par l'odeur de la boutique, de mes laisser guider dans le choix des laines ou des boutons par les " copines-vendeuses". Celle qui m'a servie ce jour là m'a conseillé ces boutons en nacre marine à tout petits pois. Je n'y aurais jamais pensé toute seule ! Et le résultat me plait tellement ! C'est rétro et original ! 

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C'est pour tout cela, qu'acheter sur internet ça ne me plait pas. Certes il y aurait bien eu des nacres à petits pois mais je les aurais même pas vus, j'aurais pas papoté avec Véro, j'aurais pas senti l'odeur de la boutique, et surtout je ne serais pas ressortie de la boutique en ligne comme je suis ressortie ce jour là de La Droguerie : heureuse de ce moment partagé et filant avec mon petit sachet toute guillerette, en cette fin d'après-midi, vers la gare. 

J'ai admiré ces boutons dans la petite pochette transparente environ une semaine avant de trouver une soirée de libre pour les coudre. Mais ce week-end de Pâques pendant que l'Homme- mari ( qui s'est laissé aller aux commentaires habituels : " Ah, c'est joli mais c'est très " toi" !)  et les enfants se déléctaient devant "l'âge de glace" à la télé m'a offert une heure pour le faire au son de chansons tout aussi rétros que le dit chemisier.  ( @l'Homme-Mari : tant qu'à faire je couds des trucs qui me ressemblent plutôt que des slims dans lequels je ne passerai pas un orteil. ) 

Porté avec mon jean et des ballerines ou mes jupes taille haute, ces petits pois rétros me rendront heureuse c'est sûr,bien plus qu'une fin d'après-midi !  

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A bientôt, pour la suite de l'histoire du mariage ou d'autres moments couturo-tricotesques du quotidien ! 

Charlotte 

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